CINEPACE

09 février 2011

ABOLISSONS LES ARMES NUCLÉAIRES

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ABOLISSONS LES ARMES NUCLÉAIRES

( article paru dans l'UNION PACIFISTE n°479, mai 2010)

“ Hourra pour la France ! ” s’exclamait le général de Gaulle, le 13 février 1960, lorsque la première bombe atomique française explosait dans le ciel du Sahara.
Cinquante ans plus tard Dominique Lalanne écrit dans le bulletin pour l’abolition des armes nucléaires/Stop Essais :
   “ Une guerre nucléaire peut arriver en trente minutes. Par erreur. C’est certainement le plus grand danger actuel pour l’humanité... Qu'est-ce que « l’état d’alerte » ? Hérité de la guerre froide, il s’agit d’une procédure de tir qui prévoit qu’en cas de détection par un radar de l’arrivée prochaine d’un missile hostile, les tirs de riposte nucléaire sont déclenchés avant l’impact. La décision doit être prise en une vingtaine de minutes. Le tir de riposte part en deux minutes.
Cette procédure est toujours d’actualité. Les États-Unis et la Russie ont chacun 1 300 têtes nucléaires en état d’alerte. La France a enlevé le « ciblage » de ses missiles, cela rallonge de quelques minutes le délai de tir des 96 bombes de chaque sous-marin. ”
   Il faut ajouter à cela les 160 têtes nucléaires environ du Royaume-Uni, la vingtaine de missiles intercontinentaux de la Chine, équipés chacun d'une tête de plusieurs mégatonnes, les 200 têtes nucléaires environ dont dispose Israël, les 80 têtes de l'Inde, les quelques dizaines de têtes du Pakistan ainsi que les deux pays qui sont " au seuil", c'est-à-dire capables de produire une bombe dans un délai très bref : la Corée du Nord et l'Iran.
   Voilà un arsenal largement suffisant pour " vitrifier " la planète en quelques minutes et qui expose les populations du monde entier à un " suicide collectif " en cas d'utilisation.
   Face à cette menace un Traité de non-prolifération (TNP) a été signé en 1970 par tous les États de la planète, sauf ceux qui voulaient encore, à l'époque, l'arme nucléaire: l'Inde, le Pakistan et Israël. Ce traité, d'une durée de 25 ans, a été prorogé en 1995, indéfiniment.
   Du 3 au 28 mai 2010, se tient au siège de l'ONU, à New York, une Conférence d'examen du TNP.
   C'est l'occasion, pour toutes les Associations qui luttent contre le nucléaire, de faire entendre leur voix.
   La Campagne mondiale pour le désarmement nucléaire (ICAN, International campaign for the abolition,of nuclear weapons) demande l'adoption d'une Convention d'élimination. Elle s'appuie sur la délibération de l'Assemblée générale de l'ONU soumise au vote par le Costa Rica et la Malaisie.
   Le Collectif ICAN-France regroupe une cinquantaine d'organisations dont, bien sûr, l'Union Pacifiste de France et Armes nucléaires STOP.
   C'est au cours de l'Assemblée générale de l’association ARMES NUCLÉAIRES STOP (dont l’UPF fait partie), le 20 janvier 2010, que la décision de faire un dossier sur l’armement nucléaire de la France a été prise. Il s'agissait de trouver un moyen d'informer le plus précisément possible les médias et les citoyens sur l'état de l'arsenal nucléaire français et mondial aujourd'hui, de montrer les enjeux de la Conférence de l'ONU et de réfléchir sur le rôle que la France pourrait jouer dans cette réunion.
   Ce sont trois personnalités scientifiques spécialistes du nucléaire, libres et indépendantes, qui se sont chargées de la conception, de la rédaction et de la présentation de ce dossier : Dominique Lalanne, ancien directeur de recherche en physique nucléaire et corpusculaire au CNRS, expert en défense nucléaire depuis 1995, conseiller spécial auprès de l’Observatoire des armements. Dominique Lalanne a participé à toutes les conférences du TNP à l’ONU depuis dix ans.    Patrice Bouveret, co-fondateur et président de l’Observatoire des armements, créé en 1984 sous le nom de Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits (CDRPC), et Patrick Hubert, ingénieur électrochimiste de formation, membre de l’Éducation nationale depuis 1980.
   Ce dossier, intitulé La France et l'arme nucléaire, est aujourd'hui disponible. Il est d'une clarté et d'une richesse remarquables. Il apporte aux journalistes des données techniques précises et vérifiables. Il pose les enjeux de la Conférence du TNP et permet de suivre et d'évaluer l'évolution des discussions et des décisions qui seront prises à l'issue de la Conférence. Il fait même des propositions concrètes et réalistes pour la position de la France.
   Dans ce document de seize pages, qu'il faut lire dans son intégralité, je n'ai retenu que quelques points. Les lecteurs intéressés pourront commander le dossier à « Armes nucléaires stop », ou le lire sur Internet.

La dissuasion nucléaire
   “ La dissuasion nucléaire est justifiée par les théoriciens du ministère de la Défense. Mais il convient de prévoir deux scénarios, le cas où elle fonctionne et celui où elle ne fonctionne pas. Or, les partisans de la dissuasion nucléaire n’envisagent jamais le cas de non-fonctionnement, puisque dans ce cas le conflit aboutit à la destruction de l'agresseur et de l'agressé. Le concept de dissuasion appliqué à l'arme nucléaire est donc un abus de langage: il ne s'agit pas de "dissuasion" mais de « menace de suicide collectif ». Les études historiques montrent que seul le hasard nous a permis d’échapper — pour combien de temps encore ? — à ce risque insensé ”.

L’effet « Obama »
" L’arrivée à la présidence des États-Unis en 2008 de Barack Obama a changé la donne internationale en remettant le désarmement nucléaire à l’ordre du jour et de nombreuses associations se motivent pour relancer le sujet.
La loi française de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (en date du 5 janvier 2010) a aussi permis une sensibilisation de l’opinion publique.
D’autres composantes de personnalités, comme le mouvement « Global zéro », essaient d’exercer leur influence sur les dirigeants pour les convaincre de la nécessité d’un processus de désarmement nucléaire, évoquant la date envisageable de 2030.
Dans une tribune parue dans Le Monde du 15 octobre 2009, quatre personnalités françaises ont rejoint cette dynamique, Alain Juppé, Michel Rocard, Alain Richard et le général Norlain : « Les cinq puissances nucléaires reconnues par le traité de 1968 doivent engager un processus conduisant de manière planifiée au désarmement complet, y associer pleinement les trois puissances nucléaires de fait, écarter tout projet de développement d’arme nouvelle, prendre plus d’initiatives et de risques politiques pour surmonter les crises régionales majeures. »
   " Le leadership mondial des associations qui poussent au désarmement nucléaire est porté par le maire d’Hiroshima qui demande une élimination totale des armes nucléaires en 2020, à partir d’une programmation établie à la Conférence d’examen du TNP de 2010. ”

Déclarations du maire d’Hiroshima Tadatoshi Akiba
30 avril 2003
« Au nom de l’Humanité, nous demandons l’abolition totale de toutes les armes nucléaires partout dans le monde. Nous demandons qu’elles soient retirées de l’état d’alerte. […]. Nous demandons le démantèlement et la destruction de toutes les armes nucléaires, […] simultanément nous demandons le démantèlement de tous les vecteurs, des installations de production, des sites de tests et des laboratoires. »
3 mai 2005
« Notre but est l’abolition de toutes les armes nucléaires d’ici à 2020. Notre objectif intermédiaire est la signature d’ici à 2010 d’une Convention mondiale sur l’abolition des armes nucléaires ».

L'arsenal nucléaire de la France
   “ La France a toujours considéré que sa force nucléaire lui permettrait de conserver une place dans la cour des Grands.
Ainsi, le siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU avec droit de veto, lui serait garanti par la possession de l’arme nucléaire.
Le développement de la vente de technologie nucléaire civile est une des grosses préoccupations actuelles de la France. Du fait que l’organisme vendeur (Areva) est sous contrôle du CEA et donc du gouvernement, ceci lui permet de proposer en sous-main la technologie militaire (par des formations et des transferts de connaissance, ou même par des essais conjoints, ce fut le cas pour Israël). Il existe donc une réelle difficulté pour la France à modifier sa politique économique pour se situer dans une réelle dynamique de désarmement nucléaire et de non-prolifération. ”

   " L’utilisation de l’arme nucléaire est conditionnée par l’atteinte aux « intérêts vitaux ». C’est Jacques Chirac, président de la République, qui a été le plus précis dans la définition de ces « intérêts vitaux » en janvier 2006 dans son discours à l’Île Longue : « Par exemple, la garantie de nos approvisionnements stratégiques conséquences potentielles d’une agression, d’une menace ou d’un chantage insupportables à l’encontre de ces intérêts. Cette analyse pourrait, le cas échéant, conduire à considérer qu’ils entrent dans le champ de nos intérêts vitaux. »
   La détermination à utiliser en premier un tir nucléaire fait aussi partie de la doctrine officielle, si la notion de nos intérêts vitaux (volontairement floue) n’est pas correctement comprise par nos adversaires. Le discours de Nicolas Sarkozy à Cherbourg en mars 2008 est très clair : « Nous ne pouvons exclure qu’un adversaire se méprenne sur la délimitation de nos intérêts vitaux, ou sur notre détermination à les sauvegarder. Dans le cadre de l’exercice de la dissuasion, il serait alors possible de procéder à un avertissement nucléaire, qui marquerait notre détermination. Il serait destiné à rétablir la dissuasion. »
La notion de « sécurité » développée pendant la guerre froide est toujours en vigueur "

Le « désarmement » à la française
   " La France dit avoir pris des mesures de désarmement unilatéral dans les années 1990, mesures qui auraient dû inciter les pays non dotés à ne pas poursuivre leur programme nucléaire militaire. Les apparences sont réelles : démantèlement des sites de tir de Moruroa et de Fangataufa, en Polynésie, fermeture des usines de Pierrelatte (uranium enrichi) et de Marcoule (plutonium). Mais en parallèle à ces mesures de désarmement, la France a engagé des programmes de modernisation, en violation évidente du TNP, puisqu’il s’agit de donner de nouvelles missions aux forces nucléaires françaises (rayon d’action plus important du nouveau missile M 51, en remplacement du M 45). Ceci laisse à penser que les mesures de « désarmement » n’étaient en fait que des mesures pour éliminer les installations obsolètes.

Le cas de l’Iran
   " L’Iran est l’exemple actuel des pays qui préparent l’arme nucléaire en respectant le TNP. Car ce traité n’interdit pas l’enrichissement de l’uranium jusqu’à un niveau de 20 % (qui correspond à un réacteur de recherche), or l’Iran reste dans ce cas.
   Le nucléaire civil autorise le passage rapide au nucléaire militaire dès lors qu’un Pays dispose des techniques d’enrichissement par centrifugeuses ou de la séparation chimique du plutonium du combustible usé.
   Le risque dans le cas de l’Iran est de déclencher une course au nucléaire « civil » au Moyen-Orient, tous les pays voulant accéder au même niveau de « seuil »...
   Dans ce contexte, si les États dotés ne montrent pas leur volonté réelle de procéder au désarmement atomique — en adoptant le principe d’une Convention comme nous le demandons —, il semble probable que l’ancien empire perse, tôt ou tard, franchira le « seuil » pour s’affirmer comme État nucléaire. "

La mobilisation des antinucléaires
   " Dans la période récente, le milieu associatif a connu ses heures de grande mobilisation avec la crise des euromissiles à la fin des années 1980, puis lors de la reprise des essais nucléaires en 1995 par Jacques Chirac. Durant la dizaine d’années passée, l’opinion publique a eu tendance à considérer que le désarmement nucléaire n’était plus un problème d’actualité et les médias en conséquence en ont très peu parlé. ”
   “ Un ou plusieurs messages forts en faveur du désarmement nucléaire montreraient que la France se soucie de la sécurité internationale et de la paix dans le cadre d’un monde libéré des armes nucléaires. ”
   “ Nous incitons la France à jouer un rôle de premier plan pour rétablir la crédibilité des engagements internationaux qui favorisent la sécurité des peuples.
Pour cela, nous demandons à notre nation d’adopter le principe même d’une Convention de désarmement nucléaire et de s’en faire le promoteur. ”

   Plusieurs Associations se sont mobilisées en France : La flamme de l’abolition des armes nucléaires ou Le tour de France de l’abolition. Des marches et des actions symboliques et non-violentes ont été organisées partout dans le monde, notamment par notre ami Gilbert Nicolas, aux États-Unis.
   À l’Union pacifiste nous n’oublions pas que l’abolition des armes nucléaires n’est qu’une étape à l’abolition de toutes les armes, et nous soutenons toutes les actions qui dénoncent la politique française actuelle de prolifération de l’énergie nucléaire aussi bien civile que militaire.

Dominique Lalanne écrit aussi :
La bombe artisanale
“ Il faut souligner la « simplicité » de la fabrication artisanale d’une arme nucléaire dès lors qu’on possède un réacteur (séparation chimique du plutonium) ou des centrifugeuses (enrichissement à 95 % au lieu de 4 %).
Chiffres à connaître : un réacteur de type PWR 1GW produit 250 kilos de plutonium par an, soit de quoi faire une vingtaine de bombes ; une centrifugeuse sépare 30 grammes d’uranium 235 par an, avec 1 000 centrifugeuses il est donc possible de faire deux bombes atomiques par an.
   Pour des groupes terroristes, la solution la plus simple pour la fabrication d’une bombe nucléaire « artisanale » n’est pas de fabriquer une dizaine de kilos d’uranium enrichi ou de plutonium, mais plutôt de dérober ces produits dans des stocks existants ou lors de transports. Ces cas de vols ont déjà existé et le cas d’une bombe nucléaire terroriste n’est pas à exclure. ”

Et c'est pour cette raison que nous félicitons et soutenons nos amis de Greenpeace, qui multiplient les actions courageuses et risquées pour dénoncer les transports de déchets radioactifs au départ de la France et à destination de la Russie.
   Les pacifistes intégraux que nous sommes ne peuvent que s’engager totalement, aux côtés de toutes les autres Associations, pour la réussite de la Conférence de l’ONU.
Bernard
___
La France et l’arme nucléaire, dans le N° 197-198, avril-mai 2010, Dossier édité par Armes nucléaires STOP, membre du Réseau mondial Abolition 2000, 114, rue de Vaugirard, 75006 Paris, courriel : armesnucleairesstop@orange.fr
Sites Internet : www.icanfrance.org www.mvtpaix.org www.greenpeace.org/france

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SONIA ROLLEY

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Où l'on parle encore d’armée coloniale française en Afrique

( article paru dans l'UNION PACIFISTE n°480, juin 2010)

L'éditeur Actes Sud a publié dans la collection « Archives du colonialisme » le livre de Sonia Rolley : « Retour du Tchad ». Il a eu entièrement raison de choisir cette collection car l'ouvrage restera un témoignage éloquent des relents du colonialisme à la française dans un pays d'Afrique prétendu « indépendant ». Tous les ingrédients y sont : les luttes « tribales » entretenues pour mieux dominer le pays avec une armée surdimensionnée, les nouveaux « gouverneurs » tout puissants, appelés aujourd'hui « ambassadeurs », qui ont le pouvoir de décider quels sont les Français qui ont le droit ou non de travailler et de séjourner dans le pays, les services spéciaux qui veillent sur les intérêts de la France et des sociétés françaises, les institutions « démocratiques » sans cesse bafouées. Sonia Rolley, journaliste à RFI (Radio France Internationale), décrit une situation récente, d'octobre 2006 à mars 2009, sous forme de journal personnel très précis et documenté. Un texte utile pour cultiver l'indignation des pacifistes.

Vouloir faire honnêtement son métier de journaliste est, aujourd'hui, une aventure à hauts risques. C'est sans doute pour cette raison que le métier se féminise de plus en plus et que des jeunes filles audacieuses sont prêtes à travailler dans des pays difficiles et à couvrir des évènements dangereux pour se faire reconnaître dans cette profession. Mais ce n'est pas la seule raison qui semble pousser Sonia Rolley, car, à vingt-neuf ans, quand elle écrit « Retour du Tchad », après avoir parcouru l'Afrique pour RFI, au Sénégal, au Rwanda et à l'Est de l'ancien Congo Kinshasa, elle est déjà sensibilisée à ce continent meurtri et à ces populations sacrifiées. Sa conscience et sa déontologie la font souffrir quand elle n'a pas le droit, dans une information de plus en plus contrôlée, de décrire ce qu'elle voit et de dire ce qu'elle sait. Elle pratique le seul vrai journalisme, celui qui dérange les pouvoirs, et elle le paye à chaque fois par des expulsions.
C'est donc dans les livres de ces journalistes sincères que l'on peut encore aujourd'hui apprendre et comprendre ce que l'information « officielle » veut nous cacher.
La toute puissance de l'armée française dans ses ex-colonies
La France dispose, aujourd’hui encore, de plusieurs bases militaires en Afrique. Depuis l'époque coloniale, l'armée française n'a jamais quitté le Tchad. La force Épervier mise ne place en 1986 pour lutter contre le colonel Kadhafi, aujourd'hui notre « ami », est toujours active avec officiellement 1 100 militaires et un arsenal considérable. Cette force protège surtout le président Idris Deby, arrivé au pourvoir par un coup d'État le 1er décembre 1990. Elle peut jouer un rôle dissuasif dans le conflit du Darfour, avec le Soudan. Cette région est devenue encore plus intéressante pour les intérêts français avec le début, en 2003, de la production de pétrole au Tchad.
Pour justifier la présence d'une force aussi puissante il faut trouver des prétextes humanitaires. Nos ministres et les médias à leur solde s'en chargent très bien en parlant de « génocide » au Darfour, même si nous savons que le Sud du Soudan présente un intérêt pour les administrations américaines et françaises parce qu'il s'agit d'une région chrétienne et surtout pétrolière.
Et nous comprenons, à la lecture du livre de Sonia Rolley, à quoi sert réellement la force militaire française et comment elle intervient pour protéger les revenus essentiellement français, au mépris des civils tchadiens.

Les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les journalistes « correspondants »
Ils sont le plus souvent « pigistes », payés au « papier », assumant toutes les responsabilités et tous les risques pratiquement seuls, obligés de créer leur « réseau » en un temps record, dans un climat de méfiance et parfois d'hostilité de la part des autorités françaises et locales. Les aides viennent plus souvent des Tchadiens, y compris au niveau gouvernemental, que des instances officielles ou des rédactions basées à Paris.
Lorsque, aux prix de missions dangereuses, le correspondant a recueilli des informations importantes, elles ne sont pas toujours utilisées si elles viennent contredire la version « officielle ». Un des exemples donnés par Sonia Rolley est la faiblesse de l'armée tchadienne face aux rebelles venus du Soudan ou, plus grave encore, l'utilisation d'enfants-soldats dans l'armée tchadienne au mépris des conventions de Genève. D'après un rapport de l'ONU, de mai 2009, l'armée tchadienne utiliserait environ 10 000 enfants soldats, dans « l'ignorance » de l'armée française chargée de l'encadrer.

Les priorités de l'information faites à Paris pour un public français
Sonia Rolley se trouve à N'Djamena et à Abéché, au moment de l'affaire de l'Arche de Zoé. Cette affaire trouble et jamais élucidée occupe tout l'espace médiatique. Pendant ce temps une attaque rebelle qui atteint N'Djamena déclenche des combats qui font de nombreuses victimes. Le président Deby en profite pour faire arrêter et disparaître de nombreux opposants. Mais si Éric Brouteau est maintenant célèbre auprès de tous les Français, qui connaît Lol Mahamat Choua, ancien président du Tchad, Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la principale coalition des partis d'opposition et Ngarlejy Yorongar, officiellement arrivé deuxième à l'élection présidentielle de 2001, derrière Idris Deby ? Qui se souvient que le président Idris Deby gouverne avec l'appui de l'armée française, depuis aujourd'hui vingt ans, que la constitution tchadienne a été modifiée en 2004 pour lui permettre de briguer un troisième mandat et que le ministre délégué à la Coopération en 2004, Xavier Darcos, avait fait l'éloge du « démocrate » Deby : « La France soutient la position du président Deby qui a été élu démocratiquement et par deux fois » ?
La libération des « otages » de l'Arche de Zoé compte plus que les cadavres qui jonchent le sol de N'Djamena après les combats du dimanche 3 février 2009.

Les mensonges des autorités françaises
Quelques heures avant le verdict de la libération des condamnés de l'Arche de Zoé, Sonia Rolley apprend que des missiles Milan ont été livrés au Tchad. Quelques semaines après arrivent des véhicules blindés. Victor Bout, le plus grand marchand d'armes était à N'Djamena.
Le 2 février 2008 les armées rebelles entrent dans N'Djamena. Sarkozy se marie. L'aéroport de N'Djamena est sécurisé par l'armée française. Les hélicoptères de l'armée tchadienne peuvent décoller. Le lendemain, 3 février, les rebelles se retirent. La vague d'arrestations des opposants à Idris Deby commence. Les forces spéciales françaises « jouent les cow-boys à bord de leurs jeeps » dans N'Djamena.
L'autorisation de travailler est retirée à Sonia Trolley malgré les promesses de Sarkozy et de Bernard Kouchner, en visite au Tchad le 27 février 2008.
Quelques semaines plus tard Sonia Rolley est expulsée du Tchad.
« J'ai tendance à penser que les correspondants dans des pays aussi difficiles ont une date de péremption. Disons deux ans maximum. C'est le moment où l'on maîtrise son sujet, les informations viennent à vous. On connaît trop de gens, on sait trop de choses. Cela énerve les autorités. Le témoin est gênant. »
« [Aujourd’hui] l'armée tchadienne est plus puissante que jamais. Voilà bien un domaine où aucune dépense n'est négligée : avions bombardiers, hélicoptères, véhicules blindés. »

Pour ceux qui ont vécu et travaillé en Afrique dans la période post-coloniale les informations de Sonia Rolley ne sont pas surprenantes et montrent la continuité des politiques coloniales de l'État français.
J'ai expérimenté moi-même cette politique lorsque j'étais en poste à la télévision scolaire du Niger à la fin de 1968, pour faire un service civil dans la coopération.
Les militaires français en poste à Niamey, qui ont accueilli, en septembre 1968, la cinquantaine de jeunes coopérants censés avoir connu mai 68 en France, étaient très nerveux. Ils nous ont gardé trois jours pour un lavage de cerveau sur le thème: « Vous êtes sous notre autorité. Vous êtes censés de rien voir et ne rien entendre dans ce pays. Le premier qui se fera remarquer sera expédié immédiatement dans une caserne disciplinaire. »
Les collègues français de la télévision scolaire qui avaient vécu mai 68 à distance et qui voulaient montrer qu'ils avaient compris l'évolution de la société, ont fait une proposition « révolutionnaire » : adapter le programme scolaire français aux enfants du Niger, schématiquement abandonner : « nos ancêtres les gaulois ».
Au mois de décembre 1968, un envoyé spécial du ministre de la Coopération a été dépêché à Niamey. Il a réuni un vendredi soir tout le personnel « blanc » de la station de télévision pour un grand débat, franc et libre. Le samedi matin, la télévision était bloquée par l'armée nigérienne, une dizaine de nos collègues qui avaient pris la parole étaient embarqués dans un avion en partance pour Paris, sans avoir eu le temps de faire leurs bagages, les services spéciaux français de la Présidence interdisaient l'accès à l'aéroport. Le lundi suivant, tout le personnel français de la télévision était convoqué à l'ambassade pour une mise au point : « Vous reprenez le travail. Vous ne dites rien sinon vous connaîtrez le même sort ». Nos collègues ne sont jamais revenus.
J'ai volontairement quitté le Niger en 1970, à l'issue de mon service civil, toujours traumatisé par cet épisode de mon arrivé dans le pays, malgré mon attachement au peuple nigérien et la demande de mes supérieurs.
Je suis triste d'apprendre que quarante ans après, la situation ne s'est pas améliorée et qu'elle a même empiré, avec l'exploitation par Areva de l'uranium. Ceci crée aussi des tensions dans ce pays voisin du Tchad. Au Niger le journaliste Moussa Kaka qui a tenté de faire son métier est toujours en prison.
Les pacifistes se doivent de faire connaître et de dénoncer les agissements d'une armée « coloniale » qui ne sert qu'à protéger les intérêts économiques et industriels français au mépris des populations toujours autant opprimés et toujours plus misérables.
Bernard

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MALALAÏ JOYA

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AU NOM DE MON PEUPLE

( article paru dans l'UNION PACIFISTE n°478, avril 2010)

   « Le pays d'où je viens est une tragédie qui se nomme Afghanistan », écrit Malalaï Joya.
   Après l'armée anglaise, l'armée russe. Après l'armée russe, l'armée américaine. Le peuple afghan souffre depuis plus d'un siècle des occupations militaires.
   « Nous sommes en ce moment sous « protection » de forces armées de quarante-deux pays et pourtant la guerre, la violence, la misère et les crimes sont notre lot quotidien » précise-t-elle.
   Si on veut comprendre comment toutes les troupes coloniales ont financé, armé et mis au pouvoir des criminels de guerre, en Afghanistan, il faut lire l'histoire de celle que l'on surnomme " la femme la plus courageuse d'Afghanistan ". Son témoignage, de l'intérieur même du pouvoir afghan, dresse un portrait précis de la tragédie que vit actuellement ce peuple.
   Aujourd'hui encore, traquée par les criminels de guerre qu'elle n'hésite pas à nommer, à dénoncer et à défier, Malalaï Joya, souhaite l'appui des pacifistes du monde entier pour faire pression sur leurs gouvernements respectifs et les obliger à retirer leurs troupes de son pays, afin de laisser les Afghans régler eux-mêmes leurs problèmes.
   « J'ai un peu plus de trente ans, je fais partie de la génération qui a vécu toute sa vie dans un pays en guerre. »
   Petite fille, MalalaÏ Joya est déjà contrainte à l'exil avec sa famille, dans un camp de réfugiés en Iran. Son père, étudiant en médecine, qui combat l'armée russe, a perdu une jambe sur une mine placée par des soldats russes autour des cadavres de moudjahiddins.
   Après les Russes ce sont les seigneurs de la guerre afghans qui provoquent la guerre civile et oblige sa famille à vivre dans un camp de réfugiés au Pakistan. C'est là que son père l'envoie à l'école Watan, « la seule où les réfugiés pouvaient envoyer leurs filles. Elle fonctionnait grâce au financement et au soutien d'une organisation clandestine, RAWA, l'Association révolutionnaire des femmes en Afghanistan, créée à la fin des années 1970 pour défendre les droits des femmes et les aider dans leur combat contre l'occupation soviétique ».
   Devenue militante pour l'éducation des filles, Malalaï, de retour en Afghanistan, crée une école clandestine de filles à Herat, puis à Farah.
   « Les femmes et les enfants furent les premières victimes de la guerre civile et celles qui souffrirent le plus. Au nom de l'islam, les femmes furent privées de leurs droits les plus fondamentaux. Beaucoup de chefs tribaux fermèrent les portes des écoles aux filles. Ils allèrent jusqu'à interdire le bruit des pas des femmes.
   On croit souvent en Occident, que l'intolérance, les violences et l'oppression, des femmes afghanes ont commencé avec le régime taliban. C'est un mensonge. Encore un rideau de fumée entretenu par les chefs de guerre qui dominent le gouvernement d'Hamid Karzaï, prétendument démocratique, soutenu par les Américains. »
   Malalaï Joya s'engage dans la défense des petites filles et des femmes de sa région.
   « Je disais aux femmes violées, tentées par le suicide: Donnons-nous la main. Les droits des femmes ne sont pas une chose dont on peut nous faire cadeau. Nous devons les conquérir, nous sommes seules à pouvoir le faire, et nous devons le faire ensemble.
   À ceux qui voulaient nous protéger avec des fusils je répondais que les armes n'étaient pas la voie à suivre, que ce n'était pas le meilleur moyen de parvenir à la paix et à la démocratie, et que, de toute façon, nous étions contre la guerre et la violence. »
   À la demande des habitants MalalaÏ Joya se présente aux élections.
   « Les habitants de Farah scandent « le temps des femmes est venu » parce qu'ils ont le sentiment que les hommes au pouvoir n'ont rien apporté de bon. »
   En 2005, elle est élue députée de Farah. Elle siègera deux ans au parlement avant d'en être expulsée parce qu'elle criait la vérité aux chefs de guerre "élus" Sayyat et Qanooni, dont Human Rights Watch disait dans son rapport de 2005, qu'ils avaient " les mains ruisselantes de sang ".
   « En tant que femme, je constitue un défi aux hommes les plus puissants du pays qui ne parlent que le langage des armes, et la grande majorité de mon peuple entend ma voix et lui fait écho.
   Ce que disait Meena, la fondatrice et martyre de RAWA « Les femmes afghanes sont comme des lionnes endormies. Lorsqu'elles se réveilleront... elles joueront un rôle terrible dans la révolution sociale afghane. »
   Nous ne sommes pas que des victimes passives, nous sommes capables de nous battre pour défendre nos droits. »
   Mais ce n'est pas ce qu'entendent les armées coloniales qui interviennent en Afghanistan après le 11 septembre.   
   « La cause des femmes sert de prétexte pour justifier et perpétuer une brutale occupation de mon pays.
   Le peuple afghan a été une fois de plus trahi par ceux qui prétendaient l'aider. Plus de sept ans après l'invasion américaine, nous sommes toujours sous occupation étrangère, et notre gouvernement, soutenu par les États-Unis, est noyauté par des seigneurs de la guerre qui ne valent pas mieux que les talibans. Au lieu de les juger pour crimes de guerre, les Américains et leurs alliés ont mis ces criminels endurcis en position de pouvoir, leur donnant tout loisir de terroriser le peuple afghan.
   La CIA a aidé Rashid Dostom, Qasim Sayyaf, Karim Khalili, Burhanuddin Rabbani, Qasim Fahim, le général Aril, le Dr. Abdullah, Haji Qadir, Atta Mohammad, Daoud et Hazrat Ali. Ne manquait que Massoud, assassiné quelques jours avant le 11 septembre. Sa place de chef militaire de l'Alliance du Nord avait été prise par son plus proche camarade, Mohammad Qasim Fahim, autre brute au passé ténébreux. Les médias occidentaux tentèrent à l'époque, de faire passer ces chefs de guerre pour des « forces de résistance et des libérateurs ». En réalité, pour le peuple afghan, ils ne valaient pas plus cher que les talibans. »
   Malalaï Joya dénonce sans relâche les responsables des souffrances de son peuple.
    « Citer le nom d'un chef de guerre c'est s'exposer à des menaces de mort.
   Je sais que mon refus de composer avec les seigneurs de la guerre et les fondamentalistes ou de tempérer mon discours dénonciateur me met en danger d'ajouter mon nom à la longue liste des Afghans morts pour la liberté.
   Pour me déplacer incognito, je dois me cacher sous la lourde burqa, à mes yeux le symbole même de l'oppression des femmes, un suaire pour vivantes.
   La burqua obligatoire avec les talibans... le seul point positif de ces longues robes bleues, c'est qu'on pouvait camoufler en dessous des manuels scolaires et autres objets prohibés.
   Pour les femmes privées de sécurité, d'emploi, de nourriture, des services les plus élémentaires et de système judiciaire pour les protéger du viol, le problème de la burqua est secondaire. »
   Malalaï Joya fait des propositions à ceux qui veulent aider le peuple afghan.
   « Que faire pour aider les Afghans ? Se tenir informé et adhérer à des groupes pacifistes qui s'efforcent de faire changer les politiques désastreuses.
   Les mouvements pour la paix constituent une menace à la fois pour les fauteurs de guerre, pour les fondamentalistes et pour les terroristes. Ne sous-estimez jamais l'importance du message que vous pouvez faire passer à votre gouvernement et au peuple d'Afghanistan.
   La toute première chose que la communauté internationale doit faire est de dire NON à la guerre menée par les Américains.
   Les gouvernements doivent exiger et contribuer à appliquer un vrai désarmement en Afghanistan.
   Avec l'aide des pacifistes du monde entier, je sais que les hommes et les femmes d'Afghanistan sont prêts à jouer leur rôle, à mettre fin à ce cycle de souffrance et à construire un meilleur futur. »

   Merci Malalaï Joya pour cette belle reconnaissance des mouvements pacifistes ! C'est vous qui auriez mérité le prix Nobel de la Paix à la place du président Obama, car comme vous le dites : « Obama ne paraît pas différent des précédents dirigeants de son pays. Si j'ai un jour la chance de le rencontrer j'essaierai de lui faire entendre le message : les Américains entretiennent un régime corrompu et une mafia de la drogue. »
   Vous avez raison quand vous déclarez : « La puissance ne fait pas le droit, la guerre ne fait pas la paix » et « Nous sommes capables de défendre notre indépendance, de nous gouverner et de déterminer notre propre avenir. »
   En tant que pacifistes français, demandons au président de la République de retirer ses soldats d'Afghanistan.
Bernard
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Au nom de mon peuple, Malalaï Joya, édition Presses de la cité, 2010.

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08 février 2011

UN PACIFISTE AU JAPON

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( article paru dans l'UNION PACIFISTE, n°474, novembre 2009)
UN PACIFISTE AU JAPON
J'ai fait, cet été, un voyage au Japon avec ma femme. Je voulais faire la connaissance du peuple japonais et visiter les lieux symboliques de la résistance à la guerre dans ce pays en pleine transformation politique.
ETAPE CAPITALE : HIROSHIMA.
En 2009, comme chaque année, 50 000 Japonais ont commémoré dans le Parc de la Paix d'Hiroshima, les 140.000 morts, victimes de la bombe atomique "Little boy", larguée sur la ville le 6 août 1945, par l'armée américaine.
Comme chaque année, le maire a demandé la suppression des armes nucléaires et a affirmé sa position d'avant-garde dans la réalisation de la paix mondiale.
Cette année, le maire Tadatoshi Akiba a fait l'éloge du président américain Obama car c'est la première fois qu'un président des Etats Unis - seule nation à avoir eu recours à l'arme atomique - a reconnu sa " responsabilité morale d'agir, pour parvenir à un monde dénucléarisé".
La visite du Parc de la Paix et du Musée de la Paix est émouvante. Conçus par le grand architecte japonais KENZO TANGE ,construits dans le centre dévasté d'Hiroshima, le parc et le musée sont aujourd'hui classés patrimoine de l'Humanité.
Nous avons parcouru le Parc un jour de semaine, sous la pluie et nous avons vu beaucoup de visiteurs japonais qui se recueillaient devant les petits monuments qui jalonnent le chemin. Au pied du Monument des enfants pour la Paix, des survivants de la bombe atomique, nommés HIBAKUSHA, hommes et femmes âgés, racontent à de petits groupes de visiteurs et surtout à des jeunes, la tragédie de la guerre. Sous la pluie, tous écoutaient attentivement les récits de ces survivants.
Dans le musée, impressionnant par ses dimensions, ses objets ( une montre arrêtée sur l'heure fatidique de l'explosion: 8h15), ses photos, ses reconstitutions et ses explications, les jeunes s'arrêtent devant tous les panneaux. Ils sauront, en sortant, combien l'arme nucléaire est dévastatrice et pourquoi il faut exiger la destruction de ces armes et interdire leur fabrication.
Mais ce qui m'a le plus intéressé, en tant que citoyen d'un pays champion du nucléaire, c'est le nombre de lettres de protestation envoyées par les maires successifs d'Hiroshima à tous les pays qui ont fait et continuent à faire des essais nucléaires. La France en a reçu une grande quantité, adressées à tous les chefs d'état depuis le général de Gaulle, avec le résultat que l'on sait.
La dernière lettre a été envoyée en Corée.
Les informations données dans ce musée ne ménagent pas l'armée japonaise qui avait fait d'Hiroshima une ville de fabrication d'armes, obligeant les femmes et les enfants à travailler dans ses usines d'armement. Cibles de la bombe américaine, ces fabriques ont été la tombe de plusieurs milliers de personnes à l'heure où elles travaillaient.
Un document prouve que l'armée américaine visaient aussi d'autres secteurs militaires à Nagasaki et à Kyoto. A Kyoto c'était un hangar près de la gare. Mais Kyoto a été épargnée grâce à l'intervention d'un Français d'origine russe: Serge Elisseeff, professeur de littérature japonaise à la Sorbonne puis à Harvard. Il avait des relations auprès des autorités américaines et il est intervenu pour faire enlever Kyoto des cibles de l'armée américaine.
C'est à Kyoto que j'ai visité le musée pacifiste le plus complet.
SURPRISE A KYOTO
Kyoto, c'est d'abord la ville culturelle et religieuse par excellence et on y visite d'abord des temples et le quartier des geishas. Mais ma femme tenait à y ajouter le musée de la Paix. Nous avons voulu savoir à quoi il ressemblait et là, surprise!, c'était une visite importante.
Le Musée de la Paix mondiale de Kyoto est le seul musée, parmi la centaine de musées de la Paix dans le monde, qui est situé dans une université : l'université de RITSUMEIKAN, que fréquentent environ 3000 étudiants. Les étudiants étrangers viennent de 87 pays .Le musée se trouve dans la partie nord-ouest de Kyoto.
J'ai été impressionné par la richesse du fond et l'intelligence de la présentation de ce musée, créé en 1992 et réactualisé en 2005.
La philosophie du parcours dans ce musée est résumée dans un dessin humoristique qui montre un soldat quittant son habit militaire devant le tableau Guernica de Picasso. Il faut dire que pendant la guerre, en 1943, tous les étudiants de cette université ont été obligés d'aller travailler dans les fabriques d'armement de la ville.
L'intérêt de ce musée, très vaste et très documenté, est aussi d'aborder toutes les guerres du XXème siècle: les guerres coloniales, les guerres mondiales et les guerres civiles, dans tous les Pays du monde et avec toutes les armes possibles.
Comme les conflits entretenus par les marchands d'armes n'ont jamais cessé, on trouve dans le musée des documents sur les guerres les plus récentes, en Bosnie, en Palestine, en Irak et en Afghanistan avec, pour la première fois, depuis 1945, des soldats japonais, engagés sur le terrain en Afghanistan.
Ce musée correspond encore mieux à notre idée du pacifisme contre toutes les armes et contre toutes les guerres.
Au cours de la dernière Conférence internationale pour les musées de la paix, qui s'est tenue en 2006 dans cette université, le thème de la compréhension de l'histoire a été abordé et notamment l'étude des forces qui amènent les populations à accepter la guerre et à s'engager dans cette tragédie. Le Japon est un exemple malheureusement représentatif de ce phénomène.
L'intérêt de ces réflexions est primordial pour éviter les conflits et concerne tous les pacifistes, mais ce musée est beaucoup moins visité que celui d'Hiroshima, nous étions seuls, ma femme et moi, dans les salles.
QUE DURE LE PACIFISME JAPONAIS!
Cette découverte d'un tel engagement pacifiste, de la part d'étudiants japonais, m'a surpris et ravi comme vous l'imaginez. Mais je sais que ce pacifisme forcé, imposé par les Américains après la deuxième guerre mondiale, est fragile.
Un professeur de l'Université Ritsumeikan est venu nous saluer en entendant parler français et a exprimé sa reconnaissance de nous voir visiter le musée de son université, mais n'oublions pas que la menace du réarmement et de la remise en route d'une armée pèse aujourd'hui sur le Japon.
Vous savez, comme cela a été rappelé dans le documentaire : LE JAPON, L'EMPEREUR ET L'ARMÉE,, de KENICHI WATANABE, diffusé sur Arte, que le 2 janvier 2007, l'ancien premier ministre SHINZO ABE avait décidé de créer un ministère de la défense, et de revoir la constitution qui interdit au Japon, par l'article 9 de sa constitution, de posséder une armée.
Heureusement que le 16 septembre 2009, un nouveau premier ministre de centre-gauche a été élu: YUKIO HATOYAMA. On peut espérer que cet universitaire qui avait créé dans l'opposition un " groupe d'étude pour une utopie politique", dont l'un des slogans de campagne était: " Créer un pays plein d'amour" et qui a critiqué la guerre en Irak, saura faire une nouvelle constitution écrite cette fois par des Japonais mais qui gardera son article 9.
La menace est grande, avec la peur entretenue de la Chine et de la Corée, que les partis de droite ne fassent basculer l'opinion publique japonaise dans l'abandon du pacifisme.
COMMENT SOUTENIR LE PACIFISME?
Il faut trouver un moyen de soutenir les Japonais qui veulent se protéger de crimes futurs.
Puisqu'il existe déjà plus de 3000 maires de villes ou régions du monde entier qui ont réussi à former un MOUVEMENT DES MAIRES POUR LA PAIX pour soutenir le maire d'Hiroshima dans son combat contre la bombe atomique, pourquoi, n'y aurait-il pas quelques dizaines d'universités qui se joindraient à l'Université Ritsumeikan de Kyoto pour soutenir son action pacifiste? Les étudiants ont souvent été à l'origine des principaux changements dans le monde.
L'université possède une galerie d'exposition pour des dessins et des photos, une médiathèque ouverte aux publications pacifistes, des salles de conférence et de projection. Je pense que l'Union Pacifiste de France, pourrait prendre contact avec cette université et tisser des liens avec les Japonais pacifistes pour montrer que quelques Français défendent encore le pacifisme intégral.
Bernard
octobre 2009
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Adresses internet:
Université Ritsumeikan:
http://www.ritsumei.ac.jp/eng/
Musée de la Paix de l'université Ritsumeikan:
http://www.ritsumei.ac.jp/mng/er/wp-museum/english/index.html
Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix
http://www.afcdrp.com/
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dessin de Chung

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07 février 2011

BERNARD CLAVEL

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Bernard Clavel et Josette Pratte

BERNARD CLAVEL, UN PACIFISTE VÉHÉMENT

( article paru dans l'Union Pacifiste n° 484, novembre 2010)

Avec Bernard Clavel nous perdons l'un des nôtres.
Il est décédé le 5 octobre 2010. La presse nationale a salué brièvement le romancier, auteur de "l'Espagnol" et d'une centaine de livres, qui avait obtenu le prix Goncourt en 1968 pour "Les fruits de l'hiver". La presse régionale, notamment L'Est Républicain et l'Alsace ont mieux abordé la forte personnalité de Bernard Clavel et souligné " le rebelle", "l'homme de caractère et volontiers râleur", " ardent partisan de la paix et des droits de l'Homme".
Dans notre journal pacifiste, nous nous devons de rappeler l'engagement fidèle et sincère de Bernard Clavel, contre toutes les guerres, contre toutes les armées, pour le statut des objecteurs de conscience et pour le pacifisme intégral.
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Né le 29 mai 1923 à Lons-Le-Saulnier ( Jura), dans une famille très modeste, il quitte l'école pour devenir apprenti pâtissier à 14 ans. Il exerce ensuite plusieurs autres petits métiers pénibles. En 1950 il se tourne vers le journalisme et fait paraître, en 1954, son premier manuscrit "Vorgine", en feuilleton. Après un travail de journaliste pigiste au Progrès et à la radio de Lyon, son premier roman: " L'ouvrier de la nuit" paraît en 1956. Réagissant contre la violence faite aux enfants et contre les horreurs de la guerre, il se rapproche des mouvements pacifistes et donne son premier article au journal "Liberté" de Louis Lecoin, le 1er février 1967 sous le titre: " La guerre dans sa totalité".
Il écrit:
" Toute tentative en faveur de la paix me touche comme me touche le moindre geste qui tend à soulager la misère dont souffrent les innocents sur qui pleuvent des bombes et des balles. J'ai signé assez d'appels pour la paix en Algérie, la paix au Vietnam, la paix dans le monde; j'ai écrit assez souvent que je suis contre toute guerre pour qu'on ne se méprenne pas sur mon propos quand je dis que ce qui m'irrite le plus, ce sont les discours de ceux qui se portent contre la guerre mais sont prêts à transiger avec elle. On ne transige pas plus avec la guerre qu'avec la guillotine. On est pour ou contre, mais on ne saurait demeurer à mi-chemin sans se couvrir de ridicule.
Or, interdire à une armée l'emploi de telle arme, c'est lui reconnaître le droit d'en utiliser d'autres, et par là-même admettre le principe de la guerre. C'est-à-dire adhérer à la plus belle foutaise de notre temps: l'humanisation de la guerre....
La notion de crime de guerre est une absurdité. La guerre est totale ou bien elle n'est pas. Ce n'est pas tel ou tel acte isolé qu'il faut condamner ou rejeter dans la guerre, c'est la guerre dans sa totalité et quels que soient les moyens dont peuvent user ceux qui la font...
Ce qu'il faut faire disparaître du globe, ce n'est pas telle ou telle arme, mais l'outil de guerre dans sa totalité, et le principe même que des hommes soient armés et instruits dans l'art de la guerre.
Une fois l'horreur déchaînée, une fois libérés tous les mauvais instincts de l'homme par avance conditionné, qui peut prétendre canaliser ou règlementer quoi que ce soit?
Vouloir interdire seulement la bombe atomique ou les armes biologiques, c'est faire un geste en faveur d'une règlementation de la guerre, et c'est pourquoi une victoire dans ce domaine doit être considérée seulement comme un encouragement à poursuivre l'action, mais pas forcément comme un premier pas vers la paix. Que diriez-vous d'une société qui arracherait des mains d'un ivrogne la barre de fer avec laquelle il frappe son enfant et lui reconnaîtrait le droit de continuer son oeuvre avec une lanière de cuir?
En un mot c'est la guerre qu'il faut tuer, en ôtant aux hommes les raisons et les moyens de la faire".
Avec cette déclaration Bernard Clavel s'inscrit complètement dans la philosophie du pacifisme intégral de Louis Lecoin et de ceux qui le soutiennent: Albert Camus, Thérèse Collet, le pasteur Cruse, René Dumont, Max-Pol Fouchet, Henri Jeanson, Robert Jospin, Alfred Kastler, Yves Montant, May Picqueray, Frédéric Pottecher, Raymond Rageau, Simone Signoret, Jean Yanne, et bien d'autres.
Chaque mois, Bernard Clavel, enverra un article pour le journal Liberté de Louis Lecoin.
Le 1er juin 1967, il écrit sous le titre: " J'ai peur! et je n'ai pas honte de le dire":
" Oui j'ai peur. Et je n'ai pas honte de le crier. J'ai peur pour ma peau, pour la vôtre. Peur pour tout ce que des générations et des générations d'hommes et de femmes ont construit. Peur pour l'Homme...
A ceux qui affectent de ne pas trembler je dis: vous êtes des imbéciles et votre orgueil vous perdra!
A ceux qui n'ont pas peur: vous êtes des inconscients qui ne savent tirer aucune leçon du passé!
A ceux qui poussent le monde à s'armer: vous êtes des criminels!
A ceux qui partagent mes sentiments et les tiennent cachés: vous êtes des lâches!
La peur de crier sa peur et le refus de prendre part à la lutte contre la guerre constituent la pire des lâchetés. Refuser l'engagement au moment où seul cet engagement peut nous sauver, c'est se dérober devant le plus impérieux des devoirs et c'est se priver à jamais du droit à l'espoir, du droit à l'estime de soi-même"
Bernard Clavel reste fidèle à cet engagement toute sa vie et ne cesse, à travers son oeuvre, pour les adultes mais aussi pour la jeunesse, de dénoncer la violence.
Le 20 août 1986, j'ai rendu visite à Bernard Clavel dans sa belle maison de Clifden, en Irlande, dans le Connemara. J'ai fait la connaissance de Josette Pratte, sa femme, romancière québécoise.
J'allais poser quelques questions à Bernard Clavel pour un film que je tournais sur Le Canard Enchaîné, journal pacifiste à sa création en 1916, auquel Bernard Clavel avait envoyé quelques articles.
J'ai été reçu très chaleureusement et Bernard Clavel m'a parlé de sa collaboration au Canard Enchaîné et des thèmes pacifistes qu'il défendait. J'ignorais, à l'époque, l'échange vigoureux qu'il avait eu avec une grande plume du Canard Enchaîné: Morvan Lebesque. Morvan Lebesque avait osé, en juillet 1967, "accuser les gens de Liberté ( et par conséquent Louis Lecoin) de vouloir gagner la paix les pieds dans leurs pantoufles".
Bernard Clavel lui a répondu le 1er septembre 1967:
" Lecoin tout seul, tout petit, déjà vieux et usé par plus d'un demi siècle de lutte, les mains nues, a remporté sur un gouvernement, sur un général et sur toute une armée, l'une des plus grandes victoires pacifistes de notre temps: le Statut des objecteurs de conscience ( statut rédigé par Albert Camus)...
Oui, cher Morvan Lebesque, après avoir milité au sein de plusieurs mouvements pacifistes, c'est avec Louis Lecoin que j'ai décidé de combattre, parce qu'il est le plus pacifiste de tous. Le seul qui soit persuadé, dans sa grande sagesse, qu'une solution peut toujours, dans toutes les circonstances, être trouvée qui évite la guerre....
Vous ignorez donc, cher Morvan Lebesque, quelle est la situation matérielle d'un écrivain à peine connu? Vous ignorez donc le nombre de portes qu'il se ferme par le seul fait d'attaquer l'armée et le gouvernement? Vous ignorez donc dans quelles conditions nous travaillons à Liberté et quels sacrifices s'est imposé un Lecoin pour créer et faire subsister ce journal?"
Aujourd'hui encore le seul journal du pacifisme intégral en France, l'Union Pacifiste, est un très petit journal face à la "grande presse" propriété des marchands d'armes. Aujourd'hui encore Bernard Clavel, malgré les tirages exceptionnels de ses livres, les multiples traductions, les adaptations cinématographiques, radiophoniques et télévisuelles de son oeuvre, n'a pas, dans la littérature française, la place qu'il mérite. L'annonce de son décès a été discrète. Son inhumation, le 9 octobre 2010, dans le petit cimetière de Frontenay , dans son Jura natal, à l'ombre des tilleuls, comme il l'avait choisi, s'est faite en l'absence des personnalités attendues ( Bernard Pivot, Patrick Poivre d'Arvor, Frédéric Mitterand, ministre de la Culture) mais en présence de sa famille, de ses amis, de Josette Pratte qui a déclaré: " Pour moi aujourd'hui n'est pas un moment de tristesse mais de très grand bonheur, une célébration. Quand part un écrivain, il laisse une oeuvre. La seule chose à faire est de faire vivre cette oeuvre qui va continuer de nous apprendre. Jusqu'à mon dernier souffle je me battrai pour qu'elle monte au ciel. Ca a été un bonheur et un honneur de vivre cette oeuvre au côté de cet homme. On a créé une fondation qui a été l'une de ses dernières joies. Merci Bernard et bon voyage dans le coeur de nous tous".
A l'Union Pacifiste nous n'oublierons pas Bernard Clavel, nous n'oublierons pas les "hurlements" qu'il poussait contre la guerre, mais aussi contre l'injustice, la violence, la malbouffe et cette société qui écrase les petits et les humbles.
Nous essaierons, nous aussi, de faire revivre cet "éternel révolté" chaque fois que nous le pourrons parce que ses idées et ses écrits nous sont indispensables pour avancer vers plus d'humanité.
Bernard
BERNARD CLAVEL
Questionnaire Proust:
Question : Où aimeriez-vous vivre ?
Réponse : En un monde qui ne soit pas menacé par la guerre.
Question : Votre idéal de bonheur terrestre ?
Réponse : La paix et la liberté
Question : Votre vertu préférée ?
Réponse : Le courage mais pas au sens où l'entendent les militaires
Question : Mes héros dans la vie réelle ?
Réponse : Louis Lecoin
Question : Ce que je déteste par-dessus tout ?
Réponse : La guerre et ceux qui en sont responsables
Question : Caractères historiques que je méprise le plus ?
Réponse : César, Napoléon, Hitler
Question : Le fait militaire que j'admire le plus ?
Réponse : L'objection de conscience
Question : La réforme que j'admire le plus ?
Réponse : Abolir la peine de mort et le service militaire
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06 février 2011

L'UNION PACIFISTE DE FRANCE A 50 ANS

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2011: les 50 ans de l'Union Pacifiste de France
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   L’Union Pacifiste de France, dont le siège est à Paris, section française de L'Internationale des résistants à la guerre ( IRG) , dont le siège est à Londres, a 50 ans en 2011.

   Les membres du Conseil d'Administration de l'Union Pacifiste ont décidé, lors de leur Assemblée Générale du 25 septembre 2010, d'organiser à cette occasion des rencontres nationales et internationales sur le thème du pacifisme.

   Comme le note l'historien Nicolas Offenstadt dans son livre " 14-18 aujourd'hui": " la grande guerre permet à plusieurs écrivains ( mais aussi à plusieurs artistes et intellectuels) de dénoncer les mécanismes d'oppression, en particulier militaires, d'exprimer aussi leurs critiques de la guerre et de la violence capitaliste.....Le registre est celui de la souffrance des hommes dans les tranchées, de leur mémoire pacifiste"
Il n'est pas étonnant que dans notre époque, marquée par des guerres qui durent ou des menaces permanentes de conflits armés, l'opinion publique redécouvre les mouvements pacifistes.

   Parmi les grandes figures du pacifisme et de la non-violence tout le monde a entendu parler de Gandhi , Martin Luther King , Nelson Mandela, Jean Jaures mais peu de jeunes personnes connaissent les écrits et les idées pacifistes de Victor Hugo, Alain, Jules Michelet, Emile Littré , Edgar Quinet, Victor Schoelcher, Proudhon, Pierre Larousse, Elisée Reclus, Henri Taine, Louise Michel, Zola, André Gide, Romain Rolland, Roger Martin du Gard, Jean Guéhenno, Henri Barbusse, Jean Giono, Georges Duhamel, Jacques Prévert, Jean Rostand ou René Dumont.

   Beaucoup de gens ignorent les engagements pacifistes de l'écrivain Bernard Clavel qui vient de disparaître dans l'indifférence médiatique ou de Louis Lecoin qui a réussi à arracher le statut des objecteurs de conscience au général de Gaulle, en pleine guerre d'Algérie, après une longue grève de la faim soutenue par Albert Camus, Jacques Prévert, Boris Vian, Louis Jouvet, Henri Jeanson, May Picqueray, Robert Treno dans les pages du Canard Enchaîné.

   Profiter de cette année anniversaire pour évoquer l'histoire du pacifisme avec des universitaires, des écrivains, des cinéastes, des dessinateurs, des poètes, des chanteurs et des personnalités pacifistes nous semble nécessaire pour donner de l'actualité à un mouvement toujours vivant et indépendant de tout groupe politique ou religieux et qui prône le refus de toute armée et de toute guerre.

   Plusieurs institutions universitaires, culturelles et artistiques ont été contactées pour accueillir journée d'étude, colloque, rencontre cinématographique, exposition ou spectacle. Nous espérons qu'elles montreront de l'intérêt pour notre projet.

Bernard

Union Pacifiste de France,66 boulevard Vincent Auriol 75013 Paris,tél: 01 45 86 08 75 , site: http://www.unionpacifiste.org/, publie le mensuel "Union Pacifiste"

Internationale des Résistants à la Guerre, War Resisters' International, 5 Caledonian Rd, London N1 9DX, Britain tel +44-20-7278 4040 & +44-20-3355 2364, skype: warresisters, fax +44-20-7278 0444
email info@wri-irg.org (encryption key), web http://wri-irg.org,publie le mensuel "Fusil brisé".

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OUVERTURE FEVRIER 2011

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